• God Of War 3

     

     

    Introduction :


    On savait que Kratos allait faire mal sur PS3, mais pas à ce point-là. Car God of War III fracasse des mâchoires par milliers, et on comprend au bout des premières minutes de jeu que l'on va assister à un spectacle qui ne perdra jamais en intensité, même pendant les quelques phases d'exploration où il faudra solliciter ses neurones. On donne l'impression de commencer notre test à l'envers, mais comment peut-il en être autrement avec une série qui a toujours tutoyé les sommets avec le Mont Olympe et ses divinités ? La question ne sera donc pas de savoir si God of War III est un excellent jeu ou pas, mais d'estimer si la franchise est enfin parvenue à atteindre la perfection en pénétrant dans l'ère de la haute-définition.



    Un homme en colère


    Souvenez-vous. A la fin de GOW II, le père Kratos, en compagnie de ses nouveaux potes les titans, était bien décidé à aller botter le divin fondement de Zeus, rapport à une histoire de trahison et de lame dans le bide. C’est donc tout naturellement que GOW troisième du nom débute par l’acensions de l’Olympe par Gaïa et sa famille. Ce brave Kratos pour sa part, déambule gaiement sur le bras de la mère des dieux, attendant son heure. Mais voilà, Zeus, tout chef des Dieux qu’il est, ne l’entend pas de cette oreille, et c’est pourquoi il décide de contre-attaquer, lâchant ses célèbres foudres, ainsi que ces sbires sur les titans. Bien vite, un combat titanesque (logique) s’engage entre les deux factions, provoquant chaos et désolation sur le monde. Kratos notamment, se retrouve aux prises avec une bestiole aquatique démesurée, qui renferme en son sein nul autre que Poseïdon. Comme vous vous en doutez surement, il sera la première victime de la vengeance de Kratos, qui, toujours aussi énervé, prendra un malin plaisir à lui arranger le portrait façon Picasso. Toujours est-il que, une fois ce petit contretemps résolu, notre équipage continue sa route vers le sommet, histoire de coller à Zeus la trempe de sa vie. Malheureusement, le vieux à encore de la ressource, et au terme d’un combat aussi expéditif qu’électrique, ce bon vieux fantôme de Sparte se retrouve à la case départ. Affaibli, mal en point, Kratos se voit propulsé aux enfers. Mais il pourra compter sur l’aide d’une vieille amie qui signe ici son grand retour. Dès lors, du fin fond du Tartare aux sommets de l’Olympe, le chauve de service n’aura de cesse d’affaiblir le pouvoir de Zeus, en réduisant au passage drastiquement la densité de peuplement de la montagne divine.


    Comme vous vous en doutez certainement, God of War III ne révolutionne pas franchement le concept établi par ses ancêtres. Dans les faits, il s’agit toujours d’énucléer, d’éviscérer et décapiter tout ce qui bouge en déversant des hectolitres d’hémoglobine. Pour ce faire, vous pourrez récolter durant votre petit promenade en Olympe, de nombreux engins de morts allant des traditionnelle Lames d’Exil à la Ceste de Némée (les gantelets à tête de lion qui font très, très mal) en passant par l’arc d’Apollon. Quelques petites nouveautés, simples en apparence, viennent cependant enrichir le gameplay. Tout d’abord au niveau des armes et objets. Les objets comme l’arc ne sont plus soumis à la jauge de magie, mais à une troisième jauge qui se recharge automatiquement au fil du temps. Un pouvoir spécifique à chacune des armes fait aussi son apparition. Si les Lames d’Exil vous permettront d’invoquer l’âme de vos frères Spartiates, d’autres pourront appeler l’âme d’une créature ou encore provoquer une tempête d’éclairs dévastatrice. D’un point de vue plus général, on notera la possibilité de contre-attaquer directement après un contre réussi. La jauge de furie fait bien entendu partie des capacités de Kratos, et d’une simple pression sur les deux sticks, le Spartiate entrera (comme si c’était possible) dans une rage sans borne lui conférant vitesse et puissance en compagnie de la Lame d’Olympe. Malgré cela, tout n’est pas parfait, et quelques soucis viennent entacher l’expérience de jeu. En effet, une fois un combo engagé, il est impossible de le stopper, ce qui une fois les armes augmentées au maximum, devient problématique si l’on manque sa cible. Il arrive en effet que Kratos parte dans un tournoiement de lame pendant plusieurs secondes, le laissant à la merci des adversaires les plus coriaces. Quelques problèmes aussi surviennent lors de l’utilisation des Ailes d’Icare, qui permettent de planer après un saut, celle-ci ayant tendance à ne pas se déclencher. Il reste néanmoins que ce nouvel opus, une fois encore, a réussi à capter l’essence même du beat’em all pour en livrer la quintessence.


    T'en veux, c'est Kratos


    Mais au-delà du simple aspect lattage de faciès à tout bout de champ, God of War III est avant tout un jeu magnifique, dont la réalisation sans faille envoie bouler les canons du genre, renvoyant pratiquement Uncharted 2 dans les jupes de Naughty Dog. Voir Kratos se démener dans ses œuvres est un régal de tous les instants, à tel point qu’une fois la partie lancée, il est bien difficile d’en détacher le regard. Prenons les arrière-plans pour commencer. Vastes, détaillés à l’extrême, ils offrent des visions saisissantes rappelant parfois les tableaux de l’école Hollandaise par leur couleur saturée et sombres. De plus, grâce aux capacités de la PS3, la profondeur de champ y est proprement ahurissante, et l’on passera parfois plusieurs dizaines de secondes à admirer le décor qui se dévoile à nos yeux ébahis. Il en va de même pour les personnages, Kratos en tête, dont on pourra voir les moindres imperfections, dont les visages se déformeront sous le poids des coups ou de la douleur, voir même de l’amour et de la haine. C’est donc toute une palette d’émotions qui se succéderont, chez les personnages comme chez le joueurs d’ailleurs, au fil des heures de jeu, jusqu’à un final dantesque qui ravira sans aucun doute les aficionados du chauve en colère. Mais cette émotion et cette beauté plastique ne seraient rien sans la maestria de la mise scène. Il sera en effet possible de reprocher à God of War III une certaine linéarité dans son déroulement, l’essentiel des événements y étant scriptés il est vrai. Mais que dire lorsque cela mène à de grands moments, à des combats si impressionnants et grandioses qu’ils laissent le joueur pantelant et exténué une fois celui-ci terminé. Car c’est cela aussi la force de ce titre. Jouer à God of War III n’est pas sans conséquence. Frustration, douleurs et énervement seront nécessaire pour accéder à l’exultation finale.


    Car c’est bien dans la résolution des combats, que ce soit contre un troufion de base ou un dieu en personne, que réside tout le plaisir. La mise à mort, sous des dehors de barbarie insensée, se pare alors d’une aura particulière, à tel point que l’on prendra véritablement du plaisir à voir Kratos arracher la tête d’Hélios, énucléer un cyclope ou encore briser la colonne vertébrale d’une sirène. Chaque combat est chorégraphié de manière à mener cet instant, ce moment fugace ou l’on a le choix entre finir le combat d’un coup normal, ou enclencher le fatal QTE qui se terminera immanquablement dans un bain de sang. Cela prend encore plus d’ampleur lors des affrontements contre les boss. Ces derniers, vous écrasant le plus souvent de leur taille et de leur puissance, mettrons en effet vos nerfs et vos capacités à rude épreuves. Ce n’est donc pas sans une certaine jouissance que vous exécuterez la série d’action contextuelle l’envoyant ad patres. Remarquons au passage que ces dernières sont devenues beaucoup plus lisibles, les touches s’affichant en fonction de leur positionnement (le triangle apparaitra en haut de l’écran tandis que la croix sera en bas). Là ou les gars de Santa Monica ont fait fort, c’est que chacune des mises à mort est originale et particulièrement bien foutue. Sans chercher à spoiler, sachez juste que chacun des boss recevra un châtiment parfaitement justifié, inventif, comportant même pour certain une part d’interactivité bienvenue. En effet, il vous sera possible de faire durer certaine punition à votre guise, l’action se terminant lorsque vous le désirez.


    La fin d'une époque


    Sous ses airs de jeu bourrin et décérébré, God of War recèle malgré tout quelques passages permettant de souffler entre deux martelage intensif de boutons. Différentes phases de puzzle émaillent ainsi les niveaux, souvent à base de leviers à actionner dans un certain ordre, mais aussi des concepts plus originaux, comme lors du passage dans les jardins d’Héra, qui obligera le joueur à raisonner en terme de perspective impossible, digne des travaux les plus classiques d’Escher. Il est aussi à noter le labyrinthe de Dédale, qui emprunte pour l’occasion l’aspect du Cube comme dans le film du même nom. On pourra aussi trouver une ou deux phases de vol façon shoot’em up, obligeant ce brave Kratos à slalomer entre poutrelles et boules de roche en fusion. Cette variété, certes restreinte, est néanmoins bienvenue, d’autant plus lorsqu’elle s’intègre à la perfection dans l’ensemble. On retiendra aussi une partie recherche très intéressante, qui obligera le joueur à fouiller les environnements avec minutie. Grâce à la tête d’Hélios, qui outre le fait de servir de lampe torche organique a le pouvoir de révéler les objets ou les passages cachés aux yeux des mortels, il sera possible de trouver tout un tas de bonus utilisable soit en cour de partie pour améliorer ses capacités, soit une fois le jeu terminé lorsque l’on remettra le couvert. Sans être capital, la recherche de tous ces coffres et autres reliques divines ne pourra que ravir les accros au cent pour cent. De plus, cela ouvre la porte au replay value. En effet, une fois le jeu terminé, de nombreux items permettant de posséder une magie infinie ou d’augmenter son potentiel de destruction serons disponible. Il vous sera en outre possible de participer à quelques défis, bien que ces derniers soient plus anecdotiques qu’autre chose.


    Bilan :


    God Of War III est un jeu exceptionnel, il faudrait être fou pour affirmer le contraire. La série n'a jamais été aussi proche de la perfection, avec une réalisation à couper le souffle, une bande son inoubliable et, surtout, un héros dont le charisme fait passer Bayonetta pour une fille à papa. La brutalité extrême qui se dégage du jeu y est certainement pour quelque chose, mais cela ne doit pas faire oublier la facilité avec laquelle on parvient à résoudre les énigmes, conjuguée au trop grand nombre de checkpoints qui a tendance à tuer un peu le challenge. Mais God Of War III met à genoux dès que l’on s’attaque au mode "Chaos", ce qui donne l’occasion de remarquer que les développeurs de SCEA Santa Monica Studio ont rendu les combats un peu plus techniques, même s’ils ne le sont pas autant que ceux du titre de PlatinumGames. Quoi qu’il en soit, la PS3 a permis à la mise en scène de God of War III de franchir un palier et de redécouvrir la série alors qu’on croyait la connaître par cœur. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on sait désormais que le second épisode de Dante's Inferno sera, lui aussi, grandiose.


    La Note Made-In-Game : 20/20

     

    Domi & Tibo


     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :