• Batman : Arkham Asylum

     

     

    Introduction :

     

    En 2008, lors de la sortie sur grand écran du dernier film de Christopher Nolan issu de la célèbre licence Batman, à savoir The Dark Knight (Le Chevalier Noir pour les francophones), Eidos a annoncé qu’un jeu vidéo avec l’homme chauve-souris, destiné aux consoles de nouvelle génération, était en cours de développement. Concocté par l’équipe de Rocksteady Studios, celui-ci était envisagé comme un jeu à part, sans rapport avec la version des salles obscures, puisant ses bases dans les comics. Mais, en plus de ces derniers, la licence a déjà fait l’objet de nombreux jeux vidéo à travers les âges et les machines, de BD, de dessins animés, de films et de tout un tas de produits dérivés. Or, vu le niveau actuel (même si celui-ci tend à remonter quelque peu ces derniers temps) des adaptations de licences en jeux vidéo, il y avait de quoi rester sceptique quant à la qualité finale du titre. Reste donc à voir si ce Batman : Arkham Asylum est bien le fruit d’un désir d’offrir un jeu digne de ce nom…


    Batou, bienvenue chez les fous...


    La Batmobile file à toute allure, prend les virages serrés et entre dans le très célèbre asile d’Arkham pour y enfermer un patient de choix : le Joker. L’arrestation n’a posé aucun problème et Batman se pose quelques questions. Et ce à juste titre puisque les événements dérapent rapidement et l’ennemi juré de Bruce Wayne prend le contrôle des lieux, aidé bien entendu de ses acolytes qui ne sont autres que certains des super-vilains de la licence comme la charmante Harley Quinn, la piquante et envoûtante Poison Ivy ou encore Killer Croc, Bane, l’Epouvantail et Victor Zsasz pour ne citer qu’eux. Le scénario pourrait être réduit à ce simple constat mais il est impossible de se limiter à celui-ci tant l’histoire est prenante, offre son lot de rebondissements et est appuyée par de nombreuses répliques marquantes. On notera d’ailleurs que les petits gars de Rocksteady Studios ont pensé à tout le monde en offrant une histoire compréhensible par tous mais bourrée de clins d’œil pour les fans. En tout cas, les dialogues sont très réussis et permettent de révéler le profil psychologique de chaque personnage.

    L’aventure principale est un brin dirigiste et se termine en huit à dix heures (ce qui reste un poil court pour un jeu solo malgré les standards actuels), et ce quel que soit le mode de difficulté, mais elle est intense. En sus, les développeurs ont fait en sorte que les fans de l’homme chauve-souris restent quelques heures supplémentaires avec la manette dans les mains en introduisant les défis de l’Homme Mystère qui demandent de résoudre une énigme, de trouver des trophées plus ou moins bien cachés, des cassettes d’enregistrement des fameux patients qui renforcent la profondeur des personnalités, les plaques de l’esprit d’Arkham ou encore de détruire un certain nombre de dentiers mécaniques du Joker. Facilement identifiables lorsqu’on a trouvé la carte des secrets pour une zone de jeu, certains demandent tout de même un peu plus de réflexion que d’autres. En tout cas, tout ceci permet surtout de débloquer des fiches complètes et bien détaillées des divers personnages de la licence (même ceux qui ne sont pas présents dans le jeu), des statues qui permettent d’apprécier leur modélisation sous tous les angles ou encore des Défis à relever parallèlement (ou après) à l’aventure.

    Les défis Combats demandent d’enchaîner quatre manches en battant les divers ennemis qui s’opposent à soi, le but étant de faire les meilleurs combos possibles pour engranger un maximum de points afin de faire bonne figure dans le classement en ligne, ceci en plus d’essayer de se surpasser à chaque fois pour son propre ego. Les défis Prédateur, quant à eux, misent sur la discrétion et la faculté à nettoyer une pièce des méchants le plus rapidement possible tout en essayant d’accomplir les trois objectifs proposés (comme par exemple faire tomber un ennemi, le tuer en silence, en éliminer trois d’un coup, etc.). Si ce mode de jeu peut paraître accessoire pour certains, il permettra pour les fans et les amateurs de High Score de profiter du soft pendant une poignée d’heures supplémentaires.


    Une chauve-souris athlétique


    Ce Batman : Arkham Asylum n’étant pas l’adaptation d’un film, les développeurs n’ont pas eu de véritables contraintes, mieux encore, ils ont eu carte blanche pour tous les choix artistiques. Et heureusement car le résultat final est bluffant. Non seulement les modélisations sont extrêmement bien faites, les graphismes jolis et détaillés, mais en plus toute la griffe artistique reste très proche des comics malgré un aspect quelque peu sur-bodybuildé. Que ce soit Batman (dont la tenue se dégrade au fil de l’aventure pour rappeler les affrontements importants et éprouvants), ses ennemis ou le commissaire Gordon, le character design est impeccable. Et le level design n’est pas en reste puisque celui-ci offre de nombreux recoins et la possibilité d’évoluer librement en environnements ouverts dans l’île entière ou restreints dans les différentes structures. D’ailleurs, s’il y avait de quoi être sceptique quant à la diversité des décors, le jeu devant se dérouler uniquement dans l’asile, on est plus que satisfait du résultat final.

    Divers styles entre le gothique et le victorien se mêlent parfaitement et l’aventure nous réserve des passages très variés entre le jardin botanique, les égouts, le manoir, le pénitencier, l’extérieur de l’île, etc., sans compter le chamboulement du paysage après un certain événement. A cela il faut rajouter un moteur physique performant et des animations très réussies même si quelques bugs de collisions (notamment avec la cape) sont à noter. Un petit défaut qui n’entache toutefois pas la réalisation finale qui est à classer dans le haut du panier. Mais ce n’est pas tout puisque Rocksteady Studios s’est aussi concentré sur l’ambiance sonore. Là encore le résultat est extraordinaire. Les voix françaises sont de très bonne facture, même si la version originale reste un poil au dessus (accessible en réglant les paramètres de la console), et les musiques collent parfaitement à l’ambiance sombre du jeu. Un sans-faute sur toute la ligne au niveau des graphismes, de la bande-son, des voix, de l’univers, de l’aspect inspiré des comics, des animations, etc., du moins si l’on oublie les petits soucis de la gestion des collisions.

    Dernier point et non des moindres : le gameplay ! Dans l’optique d’offrir un jeu accessible à tous, les développeurs ont opté pour un système de combat nommé Free Flow. Celui-ci est extrêmement simple, un peu trop peut-être pour certains, puisqu’il associe un bouton aux coups, un aux contres, un aux sauts, les gâchettes aux gadgets et un pour donner un coup de cape permettant d’étourdir les ennemis à portée. Néanmoins, dans les faits, il se révèle être extrêmement efficace, dynamique, tout en offrant des combats très fluides, et un peu plus complexe qu’il n’y paraît lorsqu’il faut affronter à la fois des méchants armés d’armes blanches, d’armes à feu et d’autres de matraques électrifiées. Mais la partie combat ne représente qu’une partie du jeu.


    Joker ! Bingo !


    L’autre grosse partie, outre les phases de plates-formes et celles de recherches, réside dans la discrétion. Si Bruce Wayne maîtrise les arts martiaux, il n’en reste pas moins un prédateur capable de se fondre dans l’ombre. Ainsi, il est possible de s’accroupir et d’éliminer un garde avec une exécution silencieuse en le prenant à revers, de s’accrocher à un rebord et de le faire tomber lourdement sur le sol, de se déplacer, grâce au grappin, de gargouilles et autres plates-formes en hauteur jusqu’à se trouver pile au dessus d’un opposant à supprimer grâce à une exécution inversée, etc. Les possibilités sont nombreuses et offrent des moments fort intéressants demandant de ruser et surtout de bien étudier le terrain et planifier ses coups pour ne pas être repéré, Batman restant un homme, il reste vulnérable aux balles et autres attaques à répétition.

    Pour varier les plaisirs, tout en respectant l’univers de l’homme chauve-souris, les développeurs ont agrémenté le gameplay de gadgets. Ceux-ci sont à débloquer librement au fil de l’aventure grâce aux points d’expérience que l’on accumule et permettent de passer certains obstacles grâce à une tyrolienne, d’envoyer simultanément un, deux ou trois Batarangs, d’en utiliser des supersoniques, d’user d’un grappin qui évolue par la suite pour accrocher plusieurs cordes en même temps, de faire exploser des surfaces fragiles grâce au gel explosif ou encore de pirater certaines installations électriques à l’aide d’un petit bijou de la technologie. Tout cela offre des situations variées, même si un certain côté répétitif peut parfois se faire sentir.

    Autre détail qui a son importance, tout au long du jeu, et même lors du mode Défi, il est possible d’avoir recours à la vision « normale » de Batman (l’œil humain) ou a une vision radar qui permet de détecter les éléments importants, les gardes vivants et leur état de stress (de calme à terrifié), les structures fragiles… Si celle-ci est très utile, il faut bien avouer que les joueurs, qui auront tendance à en user et abuser, progresseront beaucoup plus facilement, le jeu étant déjà facile, et ce même en difficile (seul mode qui offre une once de challenge pour les habitués du genre), exception faite de deux ou trois passages. Mais cela n’enlève strictement rien au fun que le titre procure !


    Bilan :


    Malgré quelques erreurs de jeunesse comme une aventure relativement courte, facile (même en difficile) et dirigiste, un gameplay peut être un poil trop simple et quelques bugs de collisions, Batman Arkham Asylum est une véritable réussite et une excellente surprise. L’univers de la licence est bien respecté, la bande sonore est excellente, les voix sont de très bonne facture, les modélisations réussies et le titre offre une histoire sombre parsemée de rebondissements et de répliques géniales. De plus, Rocksteady Studios a rendu le jeu accessible en offrant un gameplay facile à prendre en main mais suffisamment varié pour ne pas lasser et a assuré le fan service avec les différents bonus à débloquer grâce aux énigmes de l’Homme-Mystère. A cela il faut ajouter les Défis Combat et Prédateur qui permettent d’allonger la durée de vie tout en offrant un vrai challenge aux amateurs de High Scores. La réalisation graphique est très bonne, le character design est impeccable, le level design est irréprochable et il faut bien avouer que les environnements sont en plus suffisamment variés pour éviter tout effet de monotonie. L’équipe de développement a réalisé un travail formidable et, même si tout n’est pas parfait, ils ont assuré l’essentiel. Un jeu à recommander à tous ceux qui apprécient ne serait-ce qu’un peu l’univers de Batman !


    La Note Made-In-Game : 16.5/20

     

    Domi & Tibo


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